samedi 7 janvier 2012

La danse des voladores


Maintenant que j’en ai terminé avec les montagnes mexicaines, il est temps de faire un peu de tourisme. Parmi les options possibles, j’opte pour une dizaine de jours dans la région de Veracruz, au nord-est de Mexico, à proximité du golfe du Mexique. Cette région semble peu fréquentée par les touristes étrangers, raison de plus pour la découvrir.


Premier stop dans le magnifique village de Cuetzalan, après quelques heures de routes de montagne sinueuses depuis le pied du Pico de Orizaba. Du balcon de ma chambre j’ai une vue superbe sur l'église ancienne et sur les vieilles maisons de style colonial s’accrochant de part et d’autre des rues pentues. Tout s’articule autour du zocalo (la place principale d'un village ou d'une ville): l’église, les commerce, le marché, les restaurants … pas de doute on est bien au Mexique. La curiosité du coin, en plus des paysages de montagne et du village lui-même, est une grotte que je m’empresse d’aller visiter.

Plutôt que de payer un guide (obligatoire) seul, la guichetière me propose d’attendre un groupe de Mexicains, qui finissent leur repas dans le resto d’à coté, afin de partager les frais. J’accepte. Erreur fatale.
Une quinzaine de jeunes étudiants se pointe. La grotte étant humide, on leur propose des bottes en caoutchouc (à moi on ne me propose rien, ils ne doivent pas avoir ma taille …). Ça doit être la première fois qu’ils en portent, car ils passent un quart d’heure à se photographier les pieds et le reste dans tous les sens en ricanant bêtement. Je sens que la visite va être longue. Tant bien que mal la petite troupe se met en route, il faut marcher une dizaine de minutes sur un chemin au milieu de la végétation pour atteindre l'entrée de la grotte. Et rebelote, ça doit être la première fois qu’ils marchent dans la nature, parce qu’ils repassent un quart d’heure à se photographier à tout va. Maintenant c’est sur : ça va être long. Et pénible. Je rentre enfin dans la grotte en suivant la guide: une cinquantaine de marche d’escaliers un peu raides et glissantes amènent à une plate-forme. Une fois arrivés on se retourne : personne … ah si, tout en haut … les d’jeunes sont au taquet, pas très à l’aise dans cette descente. Les filles piaillent, les mecs sont tous blancs mais font semblant d’être à l’aise. Ils progressent à la vitesse d’un escargot, mais rassurez-vous, ils prennent le temps de faire de nombreuses photos d'eux. Et ainsi de suite pendant une bonne demi-heure pendant laquelle je renonce à essayer d’entendre les commentaires de la guide, couverts par leurs discussions et rires bruyants. Puis vient le passage technique du jour : environ quatre mètre d’une dalle humide, mais avec de bonnes prises, à désescalader facilement, en s’aidant au besoin d’une corde. Ce coup-ci c’est sur : ils n’ont jamais touché une corde de leur vie. D'innombrables photos immortalisent l'évènement, je ne vais pas tarder à craquer. Nous continuons ensuite dans un ruisseau souterrain, et je comprends l’utilité des bottes car mes pieds sont trempés. Enfin nous atteignons le bout de la grotte et la guide nous invite à tous éteindre nos lampes afin de profiter de l’obscurité parfaite et du calme. Mauvaise initiative : les nanas sont au bord de la crise de nerf, et moi je suis à deux doigts de perdre mes tympans ;-) A nouveau, les flashs crépitent ... ça serait dommage de ne pas prendre encore une petite photo souvenir ! Je lis dans le regard de la guide tout son désespoir ... nous compatissons mutuellement. Il est temps faire demi-tour: elle me propose de ne pas les attendre et de remonter seul: yes, c'est la délivrance !!
Ah, j'allais oublié: la grotte était jolie, sans plus, mais je crois que je m'en souviendrai longtemps.
Et je crois que j'ai surtout découvert ce jour qu'elle est la passion première des mexicains en balade: se prendre en photo ... tout le temps ... devant n'importe quoi ... incroyable !


Je quitte ensuite Cuetzalan pour rejoindre Veracruz, grande ville sans intérêt, puis Villa Rica, petit village côtier ou a débarqué Hernan Cortes en 1519, après avoir lu des commentaires élogieux sur un forum internet. Pour être typique, c'est typique: pas un touriste, une seule cabane sur la plage ou je puisse loger (c'est simple et rustique), et j'ai toutes les peines du monde à trouver le seul restaurant, qui ne sert qu'un seul plat, matin, midi et soir: rencontre avec un autre Mexique.

Malgré le manque de sapin, on prépare activement Noël !

La suite est plus classique: direction la ville de Papantla pour visiter un site de ruines mayas tout proche et assez réputé: El Tajin. Je suis un des premiers à arriver le matin, quel bonheur de visiter tranquillement, dans le calme. Je vous passe des détails techniques sur les ruines, sinon ça va vite devenir un peu chiant.



Mais la chose qui m'a vraiment marqué durant ces quelques jours, c'est la danse des voladores, à laquelle j'ai pu assisté quelques fois en divers endroits. Qu'est-ce que c'est que ce truc ???

C'est simple, il faut tout d'abord un mat, d'une trentaine de mètres de haut, en métal ou en bois, sur lequel il est possible de grimper.


Il y a tout un rituel autour de la coupe de l'arbre et de l'installation du mat, mais passons.

Ensuite une pièce cylindrique est installée au sommet du mat, de telle manière qu'elle puisse tourner autour de celui-ci. Puis un cadre carré en bois d'environ un mètre de coté est attaché au cylindre au moyen de cordes. Enfin, quatre cordes sont enroulées autour du sommet du mat, de telle sorte que lorsqu'on tire dessus vers le bas, l'ensemble cylindre + cadre tourne autour du mat. Vous n'avez rien compris ? C'est normal, mais ça s'éclaircira plus tard.

Entrent alors en scène les "voladores", ou hommes volants, 4 ou 5 en général, parfois plus (pour faire la quête ;-), en costume traditionnel.



Puis le petit groupe entame une procession/danse autour du mat, au son du flutieau/tambourin dont joue l'un d'entre eux.


La suite se passe dans les airs: les danseurs montent au mat, sans aucune sécurité bien sur, s'assoient chacun sur un coté du cadre et s'attachent enfin chacun à l'une des quatre cordes, tandis que le dernier continue à jouer de la musique, debout au sommet du mat (et sans assurage).


Quand la musique s’arrête les quatre voladores assis basculent en arrière, tête en bas, entrainant la rotation autour du mat de toute la structure sommitale. Ils vont faire ainsi 13 rotations, jusqu'à toucher le sol.


Cette danse rituelle des voladores est assez impressionnante. Si les risques sont minimes une fois que les danseurs ont passé la corde autour de leur buste, le danger est maximum lors de la montée au mat, et pour le volador qui se tient debout au sommet. Des accidents arrivent de temps en temps, surtout à cause de nœuds mal faits, et ne laissent ne peu de chance de survie à ceux qui en sont victimes ...

Pour les curieux qui veulent plus d'infos, allez jeter un coup d'oeil par ici.

Et comme d'habitude, les meilleures photos du Veracruz sont visibles .



The dance of the "voladores"



Now that I am over with the mexican mountains, it's time for tourism. Among the options, I opt for ten days in the region of Veracruz, northeastern of Mexico City, near the Gulf of Mexico. Only a few foreign tourists seem to go there: one more reason to discover it. 
First stop in the beautiful village of Cuetzalan, after several hours of winding mountain roads from the Pico de Orizaba. From the balcony of my room I have a great view on the old church and on the colonial style houses clinging to both sides of steep streets. Everything is around the zocalo (main square of a village or city): church, trade, market, restaurants ... no doubt, here we are in Mexico. The curiosity of the area, in addition to the mountain scenery and the village itself, is a cave which I hasten to visit. Rather than pay a guide (mandatory) alone, the teller offered me to wait for a group of Mexicans, who finish their meal in the restaurant next door, to share the costs. I agree. Fatal error.
About fifteen young students arrive. As the cave is wet, they are offered rubber boots (they do not offer me anything, they should not have my size ...). That must be the first time they wear some, because they spend fifteen minutes photographing their feet and the rest in all directions, laughing stupidly. I feel that the visit will be long. Somehow the small group set off, and we walk about ten minutes on a path through the vegetation to reach the entrance of the cave. And again, it must be the first time they walk in nature, because they make new pics, one more time, during quite a long time. Now I am sure: it will be long. And boring. Finally I enter into the cave following the guide: fifty stairs a little bit slippery and we reach a platform. Once there we turn around: nobody ... ah, yes ... at the top of the stairs are the young, not very fast in this descent. The girls squeal, the guys are all white but pretend to be comfortable. They progress to a snail's pace, but don't worry, they take time to make many pictures of them. And so on for half an hour, where I give up trying to hear the comments of the guide covered by their loud laughts and discussions. Then comes the technical passage of the day: about twelve feet of a wet but not speep rock, with good holds, easy to climb down, if necessary with the help of a rope. This time it's sure, they have never touched a rope in their lives. Tons of pictures immortalize the event, I'm becoming impatient and nervous. Then we continue in an underground stream, and I understand the usefulness of boots because my feet are wet. Finally we reach the end of the cave and the guide invites us to turn off all our lights to take advantage of the darkness and perfect calm. Poor initiative: the girls are histeric, and I'm about to loose my ear drums ;-) Again, the flashes ... it would be a shame not to take a small souvenir photo ! I read the despair in the eyes of the guide ... we understand each other. It is time to turn around: she proposes me not to wait for them and go alone: ​​yes, I am free !
 Oh, I almost forgot: the cave was nice, nothing more, but I think I will remember it forever.
And I think I discovered today what is the passion of the Mexican when traveling: taking pictures ... all the time ... of anything ... incredible!

I then leave Cuetzalan to join Veracruz, city without any interest, and Villa Rica, a small coastal village, where Hernan Cortes landed in 1519, after reading good opinions about it on an internet forum. To be typical, it is typical: not a tourist, a single cabin on the beach where I can stay (that is simple and rustic) and I have all the trouble to find the only restaurant, which serves only one meal for breakfast, lunch and dinner.
Following is more conventional: the city of Papantla in order to visit a nearby Mayan ruins site which is quite famous: El Tajin. I am the first one to arrive in the morning, what a pleasure to visit quietly, peacefully. I'll omit the technical details of the ruins, otherwise it will quickly become a bit boring. 

But the thing that really stood me out during these few days, is the dance of the voladores, which I have attended a few times in various places. What is that ? 
It's simple, you first need a trunk, about thirty meters high, made of metal or wood, on which it is possible to climb. There's a whole ritual around the cutting of the tree and installing the trunk, but never mind. 
Then a cylindre is installed on the top of the trunk, so that it can rotate around it. Then a square frame made of wood (each side is about one meter long) is attached to the cylinder using strings. Finally, four ropes are twisted around the top of the trunk, so that when pulled down, the whole cylinder + framework revolve around the trunk. You do not understand ? This is normal, but it will become clear later. 
Here appear the "voladores" or flying men, usually 4 or 5, sometimes more (to request money to the attendees ;-), in traditional costume.
Then the small group starts a procession/dance around the trunk, listenning the music played by one of them. The rest goes in the air: the dancers climb the trunk without any safety feature, each one sit down on one side of the wooden square and finally get attached to one of the four ropes, while the last one continues to play music, standing on top of the trunk (still not belayed).
When the music stops the four sitting voladores lean back, upside down, causing the rotation around the trunk of the whole structure. They will make 13 circles, until they reach the ground. 
This ritual dance of voladores is quite impressive. If the risks are minimal once the dancers have passed the rope around their chest, the danger is greatest when climbing the trunk, and for the volador who stands up on the top. Accidents happen from time to time, mainly because of poorly made knots, and give only a little chance of survival to those who are victims ... 
As usual, the best pics of Veracruz are visible here.

1 commentaire:

  1. Ben ya pas d'photos des mexicains qui s'prennent en photo ? C'est quand même un moment fort du séjour, la rencontre avec le vrai touriste mexicain! On a découvert aussi le touriste mexicain dans une station balnéaire fréquentée quasi que par des mexicains, ça faisait très "les bidochons"...
    Sinon respect pour les voladores, ils planent un peu ces mecs pour y aller comme ça ;-)

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