Petite pause entre deux virées en montagne pour moi, et entre deux récits d'ascensions pour vous (oui, oui, ne vous inquiétez pas, il y a encore un article sur la montagne à venir :-), et direction la ville de Tlaxcala à une centaine de kilomètres de Mexico.
Qu'est-ce que je vais faire dans cette ville méconnue ?
- déjà la visiter, car Tlaxcala est réputée pour son centre typique et ses bâtiments coloniaux,
- en novembre s'y déroule une féria, et je suis curieux de voir à quoi ça ressemble,
- qui dit féria dit corrida, et j'ai très envie d'assister à une corrida au Mexique,
- et en plus ça n'est pas n'importe quelle corrida, puisque outre deux toreros locaux peu connus, figure au cartel Sébastian Castella.
| Le paséo |
Pour éclairer les non aficionados, Sébastian Castella est un toréro biterrois d'une trentaine d'années, il est le meilleur toréro français de tous les temps, et un des tous meilleurs mondiaux depuis une dizaine d'années. Et surtout, de par sa technique très aboutie, sa façon de toréer, son style et sa classe naturelle, il est de loin le toréro que je préfère.
Il est midi, le bus me pose quelque part dans Tlaxcala, et le chauffeur m'explique vaguement ou se trouvent les arènes afin que je puisse aller acheter ma place pour le spectacle de l'après-midi. Je suis un peu perdu, j'essaie de me repérer sur le plan de mon guide, je lève les yeux pour trouver un nom de rue ... et là surprise: qui je vois, juste devant moi, sur le trottoir et sortant de son hôtel ... Sébastian Castella lui même ! Incroyable !!
Il faut savoir que les toréros sont généralement des personnages très secrets, mystérieux voire un peu mystiques et qu'il est vraiment rare de pouvoir les approcher et à fortiori de les rencontrer.
Je le salue en français: à son tour d’être surpris de rencontrer un compatriote dans cette petite ville du fin fond du Mexique. Nous discutons quelques minutes (réel privilège pour
| C'est qui qui les plus beaux ? ;-) |
Il parait que les Mexicains ne sont à l'heure qu'en deux occasions: pour les enterrements et pour les corridas. Je crains que ça ne soit inexact. Le spectacle de l'après midi commence en retard (chose impensable en France ou en Espagne), les spectateurs le sont encore plus, et tout se déroule dans une ambiance bon-enfant, mais quelque peu dissipée. Les premiers toros sont laids, mal faits, leurs cornes semblent afeïtées (limées), mais le public peu connaisseur n'en a que faire. Les toreros mexicains usent de tous les artifices pour paraitre spectaculaires et courageux, personne n'y trouve à redire ... je suis légèrement déçu, mais je m'y attendais un peu.
La suite est un peu meilleure, mais les toros faibles, sans noblesse ni bravoure ne permettent pas le triomphe des toreros. Sébastian Castella s'en sort mieux que ses compagnons, grâce à sa technique et à sa science des toros, mais il perd d'éventuels trophées en tuant mal ses adversaires. Dommage !
La fin de la soirée est très calme: pas de fête dans les rues ou dans les bars, rien à voir avec les férias du sud de la France: tout le monde va se coucher ... il ne me reste plus qu'à en faire autant ...
Quelques jours plus tard ...
Tout aficionado rêve de voir son art préféré dans les plus grandes arènes de France, d'Espagne ou d'Amérique Latine. Depuis une quinzaine d'années que je fréquente les "plazas de toros", j'ai ainsi eu la chance de pouvoir assister à des corridas à Béziers, Nîmes, Arles, Pampelune, Quito, avec l'espoir de pouvoir aller un jour à Madrid, Séville et ... Mexico.
La Monumental de Mexico ... les plus grandes arènes du monde ... 48000 places. Tous les plus grands y ont triomphé. Sébastian Castella y a gracié un toro l'an dernier, fait rarissime, auquel il a symboliquement coupé les deux oreilles et la queue. Depuis, c'est le héros de tout un peuple, une idole ici au Mexique. Ça tombe bien, il est à l'affiche en ce dimanche après-midi de novembre.
Première impression en pénétrant dans l'enceinte: c'est énorme, vraiment énorme. Malheureusement, en ce weekend prolongé de quatre jours pour les Mexicains, de nombreux Chilangos ont quitté la capitale et les arènes ne sont remplies qu'aux deux tiers environ. C'est tout de même impressionnant.
La vie étant assez bon marché ici, j'ai pu me payer une place dans les premiers rangs.
Premier constat: il doit y avoir quelqu'un de connu assis derrière moi, car tout le monde regarde dans cette direction. Je me retourne ... ben non, je ne vois pas ... personne de célèbre que je connais.
J'engage la conversation avec mon voisin qui m'explique que je ne dois pas payer mes bières à chaque fois que j'en commande une, mais qu'il me faut garder les grands verres en carton vides et payer à la fin en fonction de ce que j'ai bu. Je me fais, au passage, la réflexion que cela n'aurait aucune chance de fonctionner en France ...
- Est-ce que tu sais pourquoi tout le monde regarde derrière nous ?
- Ouai, il y a Matt Damon assis trois rangs derrière !
- Qui ça ?
- Matt Damon !!!
- Connais pas ... qui c'est ?
- Ben, un acteur américain ... très célèbre ...
- Ah bon ... connais pas ...
- Ouai, regarde, c'est mec avec la casquette noire, il est assis à coté d'un acteur de la série "Prison break"
- Aahh ...
Je n'ai pas osé en demandé plus, je crois que je suis suffisamment passé pour un inculte comme ça.
16h30, la corrida commence à l'heure cette fois-ci. Les toros, même si plus petits qu'en Europe, sont bien présentés. Malheureusement, à l'exception d'un, ils sont faibles, tombent à plusieurs reprises et sont vite fatigués. Les trois toreros font néanmoins de leur mieux pour présenter un spectacle de qualité devant un public de connaisseurs.
Mes voisins mexicains enchainent les bières à un bon rythme, me font gouter quelques spécialités culinaires locales, jusqu'à la mort du sixième et dernier toro. Bonne surprise: comme cela se produit parfois au Mexique et parce que les spectateurs sont mécontents de la qualité du bétail, l'organisateur décide "d'offrir" deux toros supplémentaires. L'espoir revient, les commandes de bières reprennent ... mais la fin de la corrida ne sera pas meilleure.
La soirée a quand même été bonne, mais je commence à être un peu "borracho" ... ça tombe mal, demain je me lève très tôt pour retourner dans les montagnes ...
Vous pouvez voir ici une sélection de photos prises dans les états de Tlaxcala et Morelos, et là celles de Mexico City et des alentours.
Dream #4 : Sébastian Castella and the Monumental of Mexico
Short break in between two trips in the mountains for me, and two stories of climbing for you (yes, yes, do not worry, there is still an article about the mountains coming :-), and let's go to the city of Tlaxcala, one hundred kilometers from Mexico City.
What am I going to do in this unknown city?
- Visit first, as Tlaxcala is famous for its downtown and its typical colonial buildings,What am I going to do in this unknown city?
- a feria takes place overthere in November, and I'm curious to see what it looks like,
- in any feria, there are bullfights, and I really want to attend a bullfight in Mexico,
- and it’s not any bullfight, as in addition to two local bullfighters, Sebastian Castella is also schedulded.
To inform non-aficionados, Sebastian Castella is a thirty years old french bullfighter, he is the best french bullfighter ever, and one of the very best in the world fort the past ten years. And above all, by his very accomplished technique, his way of bullfighting, his style and his natural class, he is my favorite one.
It is noon, the bus drops me down somewhere in Tlaxcala, and the driver tells me vaguely where is the bullfight ring so that I can go and buy my ticket for the show in the afternoon. I'm a little bit lost, have a look at the map of my guide, I look up to find a street name ... and surprise: who can I see in front of me on the sidewalk and coming out of his hotel ... Sebastian Castella himself ! Incredible !
Be aware that the bullfighters are usually very secret characters, mysterious and even a little mystical and it's really rare to be able to approach and even more to meet them.
I tell him “Hello” in french, he is really surprised to meet a fellow in this small town deep in Mexico. We discuss a few minutes (real privilege for
It’s told that the Mexicans are always late, except for two events: funerals and bullfights. I got to say it’s not true at all. The show starts late (something impossible in France or Spain), viewers are even more late, and everything happens in an atmosphere of good-natured but somewhat dissipated. The first bulls are ugly, poorly made, their horns seem to be filed but the public just does not care. The mexican bullfighters make use of every artifice to seem dramatic and courageous, no one finds fault ... I am slightly disappointed, but it’s not a real surprise.
Following is a little better, but the weak bulls, without courage or nobility, do not allow the triumph of the bullfighters. Sebastian Castella is doing better than his companions, with his technique and his knowledge of the bulls, but he looses any trophies when killing his opponents badly. Too sad !
The end of the evening is very quiet: no party in the streets or in bars, nothing to do with the “ferias” in the south of France: everyone goes to bed ... I do the same ...
A few days later ...
Any aficionado dreams of seeing his favorite art in the larger bullfight rings of France, Spain or Latin America. For fifteen years that I go to the "plazas de toros," I have had the chance to see bullfights in Beziers, Nimes, Arles, Pamplona, Quito, with the hope to go one day in Madrid, Seville and ... Mexico.
The Monumental de Mexico ... the bigest bullfight ring in the world ... 48,000 seats. All major bullfighters have triumphed here. Sebastian Castella has saved a bull here last year, an extremely rare event, to which he symbolically cut the two ears and the tail. Since then, he is the hero of an entire people, an idol here in Mexico. Luckily, he is fighting this november sunday afternoon.
First impression when entering the “arena”: it's huge, really huge. Unfortunately, during this four-day long weekend for Mexicans, many Chilangos have left the capital and the ring is filled only two-thirds. It's still impressive.
Life is pretty cheap here, so I could pay for a place in the front rows.
First observation: there must be someone famous sitting behind me, because everyone is looking in that direction. I turn around ... well no, I do not see ... no famous person I know.First impression when entering the “arena”: it's huge, really huge. Unfortunately, during this four-day long weekend for Mexicans, many Chilangos have left the capital and the ring is filled only two-thirds. It's still impressive.
Life is pretty cheap here, so I could pay for a place in the front rows.
I start the conversation with my neighbor who tells me that I should not pay for my beer every time I order one, but I need to keep large paper cups empty and pay at the end depending on what I drank. I am, by the way, thinking that this couldn't work in France ...
- Do you know why everyone is looking behind us ?
- Yeah, there's Matt Damon sat three rows behind !
- Who ?
- Matt Damon !
- Do not know ... who is he ?
- An American actor ... very famous ...
- Ah ... I don't know him ...
- Yeah, look, this is the guy with the black cap, he is sitting next to an actor of the program called "Prison Break".
- Aahh ...
I did not ask anything more ...
16.30, the bullfight starts on time this time. The bulls, though smaller than in Europe, are well presented. Unfortunately, with the exception of one, they are weak, falling several times and are quickly exhausted. The three bullfighters are doing their best to present a quality show to an audience of experts of bullfighing.
My mexican neighbors are drinking beers, make me taste some local specialties, until the death of the sixth and last bull. Good surprise: as this sometimes happens in Mexico and because spectators are unhappy with the quality of bulls, the organizer decides "to gift" two more bulls. Hope is back, we order new beers ... but the end of the bullfight is not better.
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